Perdre du poids avec la chirurgie bariatrique : le bypass

Publié le : 21 décembre 202211 mins de lecture

Une alimentation malsaine et un mode de vie essentiellement sédentaire sont deux des principaux facteurs responsables de l’augmentation de l’obésité.

De nombreuses personnes obèses éprouvent des difficultés à atteindre leur poids de forme malgré un régime alimentaire sain. C’est pourquoi un bypass gastrique est parfois nécessaire.

Qu’est-ce que le bypass gastrique ?

Le bypass gastrique est une opération courante, nécessaire pour les personnes obèses qui ont de sérieuses difficultés à perdre du poids par d’autres moyens.

L’intervention réduit la taille globale de l’estomac et favorise la perte de poids. Vous vous sentirez plus rassasié, même si vous avez mangé moins.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas tant le rétrécissement de l’estomac qui détermine la perte de poids, mais plutôt l’interaction différente des aliments avec la muqueuse gastrique.

Récemment, il a été observé que l’opération ne réduit pas seulement la taille de l’estomac, mais modifie également ses fonctions. Au cours de l’opération, la partie de l’estomac responsable de la production d’une hormone associée à la sensation de faim est séparée afin qu’elle n’entre plus en contact avec la nourriture.

Il en résulte une réduction de la production de cette hormone, de sorte que les patients ont moins faim, ce qui favorise ensuite la perte de poids.

Indication

Le by-pass gastrique est proposé en cas d’échec d’amaigrissement ou de reprise de poids après une chirurgie de type anneau gastrique, sleeve gastrectomie ou autres techniques. En première intention, il est proposé dans certains cas notamment chez des patients ayant un diabète de type 2. Le bypass gastrique est en effet très efficace sur le diabète et peut permettre dans certains cas de le guérir temporairement on parle alors de rémission.

Le taux de réussite est de l’ordre 70% et le taux de satisfaction des patients supérieurs à 90 %. C’est parce que le by-pass gastrique est une intervention réalisée au prix d’un risque opératoire plus important, qu’il n’est proposé que dans ces indications.

Les avantages

  • Action puissante sur le diabète de type 2 (diabète gras) indépendamment de la perte de poids ;
  • L’absence de matériel étranger ;
  • Un bon confort alimentaire ;
  • Des résultats qui sont pour l’instant bon, avec des pertes d’excès de poids de plus de 70 %, qui se dégradent parfois avec le temps.

L’intervention : en quoi consiste-t-elle et comment fonctionne-t-elle ?

L’intervention est généralement réalisée par laparoscopie avec une petite incision pour minimiser la zone affectée et se divise en deux phases principales. L’estomac est d’abord divisé en deux parties : une partie supérieure plus petite, et une partie inférieure plus grande. La partie supérieure de l’estomac est celle qui entrera effectivement en contact avec les aliments, tandis que la partie inférieure ne sera impliquée que dans la production des sucs gastriques.

À ce stade, on procède au pontage proprement dit : le chirurgien relie par un orifice une petite partie de l’intestin, le jéjunum, au nouvel estomac, plus petit. De cette façon, les aliments passeront directement de cette poche à l’intestin, de manière à réduire la quantité de calories que le corps absorbe.

Pour quelles personnes le bypass gastrique devient-il nécessaire ?

L’intervention est nécessaire pour les sujets particulièrement obèses, qui ne parviennent pas à perdre du poids avec un régime et de l’exercice, auxquels s’ajoutent des pathologies étroitement liées à l’obésité, comme le diabète de type 2 et l’hypertension.

Pour ces personnes, le bypass gastrique peut être une occasion précieuse d’améliorer leur état.

Résultats et pronostic

La période postopératoire nécessite évidemment d’importantes précautions, puisque vous ne pourrez pas manger pendant environ trois jours, et ce n’est qu’après que vous pourrez commencer à prendre des liquides et des aliments mous.

Il est également conseillé de porter des bas spéciaux pour éviter la formation de caillots, et de prendre des analgésiques contre d’éventuels épisodes de douleurs abdominales. Si tout se déroule sans autre complication, le séjour à l’hôpital dure au maximum 4 jours, après quoi les patients peuvent rentrer chez eux.

La plupart des personnes qui ont subi un bypass gastrique ont tendance à perdre 10 à 20 kg par mois au cours de la première année suivant l’opération, en suivant un régime personnalisé associé à un exercice physique adéquat.

La réduction du poids corporel après l’opération entraîne une amélioration de certains troubles cliniques tels que l’asthme, l’hypertension, le reflux gastro-œsophagien et le diabète de type 2.

En général, la perte de poids facilite même les petites activités quotidiennes, ce qui améliore considérablement la vie des personnes qui ont subi ce type de chirurgie.

Pour obtenir les meilleurs résultats après un bypass gastrique et éviter toute sorte de complications, vous devez suivre les conseils des spécialistes et continuer à suivre un régime alimentaire sain et à faire de l’exercice.

Bilan per-opératoire

  • Une fibroscopie œsogastrique : cet examen consiste à regarder l’intérieur de l’estomac à la recherche d’ulcère ou de hernie hiatale. Cet examen permet également de vérifier l’absence d’infection par une bactérie très fréquente qui s’appelle Helicobacter Pylori. En cas de présence de cette bactérie, un traitement par une association de plusieurs médicaments est prescrit avec à la fin du traitement, un contrôle afin de s’assurer de l’absence de cette bactérie. En effet, la présence de HP (Helicobacter Pylori) contre indique la réalisation du bypass. Cette fibroscopie (également appelée gastroscopie) est proposée d’être réalisée sous anesthésie générale car elle est en général mal tolérée.
  • Une échographie abdominale : examen indolore qui permet de voir si le foie n’a pas de surcharge graisseuse, de vérifier l’absence de calculs dans la vésicule. En cas de calculs dans la vésicule, il est recommandé de réaliser dans un premier temps l’ablation de la vésicule avant d’envisager le bypass.
  • Une prise de sang.
  • Dans certains cas, après évaluation par l’anesthésiste peut être demandé une consultation par le cardiologue.

Tous ces examens sont réalisés lors d’une hospitalisation de courte durée (une journée) avant l’intervention.

Complications du bypass gastrique

Les complications post-opératoires

Il s’agit des complications liées à toute chirurgie. On retrouve la phlébite, l’embolie pulmonaire, l’hémorragie et l’infection. Pendant l’intervention, il est possible à titre exceptionnel de convertir c’est-à-dire d’ouvrir, pour contrôler une hémorragie par exemple.

Parmi les complications propres à la réalisation du by-pass gastrique on retrouve :

  • La fuite sur les sutures digestives ;
  • L’occlusion digestive ;
  • L’hémorragie sur les sutures.

Ces complications, bien que rares, peuvent nécessiter une réintervention réalisée dans la majorité des cas en cœlioscopie. Le séjour sera alors prolongé avec éventuellement nécessité d’une surveillance en service de soins intensifs et ou en réanimation. Le risque théorique de décès est de 2 à 5 pour mille (contre moins de 1 pour mille pour l’anneau gastrique

Les complications à distance de l’intervention

Carences nutritionnelles prévenues par la prise de vitamines, fer et calcium et dépistée par prises de sang régulières.

Ulcère sur l’anastomose diagnostiqué par gastroscopie et traité par des médicaments antiulcéreux. L’ulcère peut se compliquer d’une hémorragie avec extériorisation de sang rouge par le haut (vomissements) et ou de sang digéré par en bas (selles noires). L’ulcère peut également se compliquer d’une perforation et d’une péritonite. Le tabac majore le risque d’ulcère.

Occlusion intestinale : en relation avec une bride ou une hernie interne, diagnostiquée par scanner et pouvant nécessiter une nouvelle intervention par cœlioscopie.

Lithiase biliaire : l’amaigrissement favorise l’apparition de calculs dans la vésicule biliaire. Ces calculs peuvent donner lieu à des complications sévères nécessitant un traitement complexe du fait du bypass. Une échographie à la recherche de calculs vésiculaires sera donc réalisée 6 mois après le bypass. En cas de lithiase vésiculaire une intervention d’ablation de la vésicule vous sera proposée à titre préventif. Il sera donc nécessaire de revoir votre chirurgien.

L’estomac exclu ne peut pas être exploré facilement, hormis par scanner. Ce type de complication reste néanmoins anecdotique en regards des milliers d’interventions de ce type réalisées dans le monde et de la fréquence des complications spécifiques de l’obésité.

Après la chirurgie

Le suivi

Il est fortement recommandé d’avoir un suivi après ce type d’intervention. Il s’agit d’un engagement moral entre le patient et l’équipe. Le patient garde bien sûr le choix de changer d’équipe pour son suivi

Les Recommandations

Une consultation avec le médecin nutritionniste si possible tous les quatre mois et au minimum tous les 6 mois. Le but de ces consultations est de détecter les carences nutritionnelles. Dans le temps, la consultation peut se faire avec une fréquence annuelle.

Appel du service en cas de problème, surtout en cas de douleur ou de vomissements importants.

L’alimentation

Pour voir quelle alimentation est préconisée après la chirurgie, cliquez sur le lien : Protocole alimentaire après By-Pass gastrique.

À long terme

Les résultats du by-pass gastrique sont excellents mais comme après toute chirurgie de l’obésité on peut observer des reprises de poids. Cette intervention présente toutefois des risques opératoires plus importants qui font que nous la proposons dans certains cas sélectionnés.

|

Plan du site