Qu’est-ce que l’apithérapie ?

Dans l’Égypte ancienne, on croyait qu’un jour, les plantes des larmes du dieu soleil Râ, tombant au sol, s’étaient transformées en abeilles qui avaient alors commencé à construire des rayons et à produire du miel. Pour les Égyptiens, ces petits insectes étaient donc d’origine divine. Quelle est leur importance réelle pour l’homme ?

Abeilles et pesticides

La Commission européenne a récemment annoncé qu’elle avait décidé d’interdire l’utilisation d’une série de néonicotinoïdes en agriculture pour deux ans, des pesticides qui font courir de sérieux risques à la vie des abeilles. Selon les recherches de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a évalué les effets néfastes en considérant le contact des abeilles avec le pesticide utilisé pour tanner les graines et les substances présentes dans le pollen ou le nectar des plantes traitées, chacun des trois pesticides était associé à une toxicité élevée.
À la lumière de ces recherches, l’UE avait proposé d’éliminer complètement l’utilisation de l’imidaclopride, de la clothianidine et du thiamethoxam, principalement produits par Bayer en Allemagne et Syngenta en Suisse (et déjà soumis à une interdiction temporaire en Italie, mais limitée au traitement des semences uniquement). En réponse, les entreprises agrochimiques ont lancé des actions de communication et des pressions politiques fortes pour tenter d’empêcher l’adoption d’une interdiction à l’échelle européenne (déclarant 50 000 emplois en danger mais surtout une entreprise de 17 milliards d’euros). Cela a mobilisé l’intervention de Greenpeace, visant à persuader les gouvernements européens de ne pas céder aux pressions de l’industrie des pesticides, et les quelque 2,5 millions de citoyens qui ont signé la pétition Avaz (une organisation non gouvernementale internationale qui s’est engagée à permettre aux processus décisionnels mondiaux d’être influencés par l’opinion publique).
L’UE, sans obtenir le feu vert de tous les États membres pour une interdiction totale, a néanmoins décidé de procéder à l’arrêt bisannuel de l’utilisation des pesticides incriminés dans les cultures de tournesol, de maïs, de colza et de blé. L’activité secrète et continue de ces petits insectes est-elle si importante ?

La valeur des abeilles

C’est Albert Einstein qui a dit : “Si l’abeille disparaissait, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre”. Cela se produirait parce que les abeilles sont les principaux promoteurs de l’important processus appelé pollinisation. Le terme “pollinisation” fait référence au mouvement du pollen d’une fleur qui le produit à une fleur qui le reçoit. Les conséquences de ce phénomène sont extrêmement importantes d’un point de vue écologique et économique car la pollinisation est nécessaire non seulement pour la formation du fruit mais aussi pour la graine, qui sera utilisée par la plante pour perpétuer l’espèce et se multiplier.
La pollinisation qui a lieu par le transport du pollen par les animaux est appelée zoogama et est la plus efficace. Parmi tous ceux qui participent à la pollinisation, les abeilles représentent à ce jour les 90 insectes pollinisateurs. Ainsi, lorsqu’elle visite une fleur, l’abeille se couvre involontairement de pollen, qui sera en partie déposé, toujours involontairement, sur une autre fleur. Cependant, depuis l’automne 2006, un scénario inquiétant et en partie mystérieux a commencé à apparaître à l’échelle mondiale : les abeilles quittent les ruches et ne reviennent jamais. Les scientifiques américains parlent de “colony collapse disorder”, qui a été traduit par “syndrome d’effondrement des colonies”. Dans les ruches qui “s’effondrent”, il n’y a plus d’abeilles adultes et les rares abeilles survivantes ont été infectées par des virus et des champignons.
Les pesticides ont joué un rôle décisif dans la disparition progressive des abeilles, en particulier les produits appartenant à la famille des néonicotinoïdes. Ces produits enveloppent la graine et pénètrent ensuite dans la plante pendant la croissance jusqu’à ce qu’ils apparaissent sur le pollen que les insectes recueillent.
Boiler l’utilisation de ces pesticides pourrait permettre un retour des abeilles et des produits de valeur qu’elles sont capables de créer. L’utilité des abeilles est en effet essentielle pour l’apithérapie, c’est-à-dire le traitement des maladies avec des produits collectés, traités et sécrétés par les abeilles, et notamment le miel, le pollen, la gelée royale, la propolis et le poison.

Le miel est un produit naturel qu’il est impossible de produire synthétiquement, car les composants et les mécanismes de production ne sont pas précisément connus.
L’ingrédient de base est le nectar, un liquide sucré sécrété par les plantes dans le seul but d’attirer les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Le nectar est un liquide composé principalement d’eau (70 à 92 %) et de sucre (surtout du saccharose), mais aussi de vitamines, de minéraux et de nombreux autres éléments. Sa composition varie d’une fleur à l’autre et c’est donc le nectar qui va déterminer le goût, la texture, la couleur et les vertus du miel.
Plusieurs sont les propriétés thérapeutiques du miel. En général, c’est un excellent anti-inflammatoire pour la gorge et il a des effets sédatifs contre l’excitation nerveuse et l’insomnie. Le miel de Millefiori est connu pour ses propriétés détoxifiantes en faveur du foie, tandis que le miel de châtaignier favorise la circulation sanguine et est un désinfectant des voies urinaires. Il est intéressant de noter les propriétés du miel de tournesol, qui abaisse le taux de cholestérol et a une action calcifiante sur les os. Le miel de genévrier, par contre, offre une aide valable dans les maladies respiratoires et le miel de pissenlit a une action purifiante, notamment sur les reins.

Le pollen

Lorsque l’abeille a fini de récolter le nectar d’une fleur, son corps est recouvert de pollen qui adhère aux poils. Avant de retourner à la ruche, l’abeille se brosse : ses pattes sont munies d’un petit peigne qu’elle utilise pour nettoyer le pollen collé sur son corps. Ce pollen est humidifié avec de la salive et du nectar et “pétri” pour former des balles, stockées dans des cellules spécifiques de la ruche où elles subissent des transformations chimiques et physiques pour obtenir la “cire d’abeille”, qui sera utilisée pour nourrir les abeilles.
Le pollen est un fortifiant naturel qui améliore l’état général de l’organisme, en rééquilibrant le métabolisme et les troubles fonctionnels.

La gelée royale : le “lait” des abeilles

La gelée royale, substance blanche nacrée ou dorée, au goût acide et particulièrement sucré, peut être considérée comme le “lait des abeilles”. Il s’agit en fait d’un produit obtenu à partir de la sécrétion des “glandes hypopharyngiennes” et des “glandes mandibulaires” des abeilles nourrices, celles dont le rôle est de nourrir les larves de la colonie. La gelée royale est donc la nourriture que tous les nouveaux-nés d’abeilles mangent.
Pourquoi prendre de la gelée royale ? Car comme le miel, il possède de nombreuses propriétés thérapeutiques, bénéfiques et curatives étant donné ses excellentes propriétés nutritionnelles et réparatrices, étant une source naturelle de vitamine A, de vitamines du complexe C, D, E et, en particulier, du complexe B.

La propolis (“pro”, qui signifie “avant” et “polis”, qui signifie “ville”) est la substance que les abeilles déposent à l’entrée de leur ruche, pour se protéger des agressions extérieures.
Contrairement au miel et à la cire d’abeille (fruits du traitement du nectar et du pollen), la propolis n’est pas utilisée comme aliment par les abeilles, mais comme matériau de construction : son ingrédient de base est en effet une substance résineuse qui recouvre les pousses de certains feuillus (aulne, bouleau, chêne, frêne, marronnier d’Inde, orme, prunier, saule et surtout peupliers), mais aussi de conifères (pins, sapins, épicéas). Après la récolte, les abeilles la transforment en ajoutant de la cire, du pollen et des enzymes produites par les abeilles elles-mêmes.
Propolis a de nombreuses indications thérapeutiques : en externe, elle traite les états inflammatoires de la cavité buccale, ainsi que les plaies et les lésions, tandis qu’en interne, elle est utile dans la prévention et le traitement des infections des voies respiratoires et des infections bactériennes, virales et parasitaires.

Venin d’abeille

Venin d’abeille est produit par l’appareil à venin, composé de deux glandes, la glande alcaline, qui sécrète un liquide alcalin et la glande acide reliée à un petit sac appelé sac à venin. L’abeille pique avec le dard, aussi appelé fléchette, situé au bout de l’abdomen. Le dard représente l’extrême défense de l’abeille, après quoi elle est destinée à mourir, car l’arrachage du dard de son abdomen entraîne une lacération interne irréparable.
Il y a au moins 18 composants actifs aux propriétés pharmaceutiques dans le venin d’abeille. Le mécanisme de son action sur l’organisme n’est pas encore totalement compris, mais les scientifiques pensent qu’il est capable de modifier les fonctions du système immunitaire et de contribuer à l’activation de la production de cortisol, un formidable agent anti-inflammatoire.
Les piqûres d’abeilles ont des effets différents mais provoquent généralement un œdème autour de la piqûre, avec une sensation de douleur et un gonflement évident. Elle peut survenir plutôt que la piqûre d’abeille et provoquer une manifestation allergique dont les conséquences peuvent être graves, avec un gonflement des muqueuses, des difficultés respiratoires, un œdème pulmonaire et une hémolyse. Il s’agit de cas sporadiques, mais à ne pas sous-estimer.
Le venin d’abeille, qui peut aujourd’hui être extrait sans provoquer la mort de l’insecte, est utilisé pour traiter les maladies rhumatismales, l’arthrite chronique et certaines maladies inflammatoires. Le poison est administré sur les zones à traiter soit directement, par le biais des piqûres d’abeilles, soit dilué, à l’aide de seringues, soit contenu dans diverses préparations (crèmes et lotions).

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